( 12 juillet, 2012 )

12 juillet

Le weekend dernier, j’ai eu la surprise de voir débarquer mon boss à mon appartement. Ca faisait facilement deux semaines que je ne l’avais pas vu et l’image renvoyée fut quelque peu inquiétante. Un zombie aurait eu plus de tenue. Je n’ai même pas cherché à savoir comment il avait réussi à entrer. Le fait était qu’il était devant moi, débraillé, ne semblant pas avoir dormi depuis plusieurs jours.

J’ai préféré le faire rentrer avant qu’il ne s’écroule sur mon paillasson surtout qu’il n’avait pas dû monter de façon discrète et les voisins pointaient déjà le bout de leur nez dans le couloir. Je déteste les commérages et je crois que là, je vais y avoir droit quand même.

Ma voisine de palier m’a d’ailleurs gentiment fait remarquer  avant que je ne referme la porte qu’on ne devait pas traiter un homme de la sorte. La réflexion acide m’a bien agacée. Bien que je sois d’accord sur le fond, l’idée d’être associée à cette déchéance humaine m’a exaspérée.

 

Le temps que je claque la porte et que je me retourne, mon boss n’avait pas bougé d’un iota, planté au beau milieu du salon. A ce moment-là, il n’a pas eu l’air de vouloir me dire ce qu’il faisait chez moi. Mais le savait-il lui-même ? Quoiqu’il en soit, il a fini par s’asseoir et me demander poliment un café. Ça, c’était une grande première ! En moins de soixante secondes, sa tasse fumait devant son nez. Je me suis perchée sur l’accoudoir de mon fauteuil et j’ai attendu qu’il daigne me donner une explication. Et ça n’a pas tardé !

 

Au lieu d’être seulement fatigué tel que je le pensais, il s’est avéré que mon boss était aussi sérieusement imbibé d’alcool. Ses phrases n’avaient rien de cohérent et ne se finissaient jamais.

En revanche, au moment où j’ai vu son visage se fermer et sa main se crisper sur ma tasse, je l’ai prévenu immédiatement que si cette tasse faisait un vol plané dans mon salon, il y aurait des représailles. Mon avertissement l’a arrêté aussi sec. Il s’est calmé et a commencé à m’expliquer de façon décousue qu’il y avait des problèmes dans la société et des problèmes sévères. Pendant mon absence, il a trouvé des dossiers incomplets et des incohérences dans les chiffres semble-t-il. J’ai eu droit à toute l’histoire et autant dire que je ne suis pas ravie. Ça signifie pour moi, au mieux un surcroit de travail pour les mois à venir, au pire un dépôt de bilan et donc un licenciement.

 

Il s’est finalement endormi sur mon canapé et moi, j’ai commencé à tourner en rond comme un lion en cage à essayer de réfléchir. J’ai passé le reste du weekend à broyer du noir et à observer la fourmilière qui s’étendait à mes pieds. Le temps arrange tout dit-on. Espérons que ce sera le cas aussi pour moi.

Pas de commentaires à “ 12 juillet ” »

Fil RSS des commentaires de cet article.

Laisser un commentaire

«    »
|