( 14 novembre, 2011 )

14 novembre

L’automne a enfin posé sur la nature ses couleurs chaudes et flamboyantes. L’humeur joyeuse de chacun semble se mettre lentement en sommeil et les masques figés se posent un à un sur les visages de la foule qui se presse et se bouscule dans les rue de la ville. Pourtant, il suffit d’un rire, d’un sourire pour que tout revive. L’ambiance devient pesante, comme suspendue, attendant patiemment de devenir festive à l’approche des fêtes de fins d’année. La ville commence à se parer de panneaux lumineux mélangeant étoiles, flocons et guirlandes. Pourtant, aucune ampoule ne s’éclaire. Le signal n’a pas été encore donné.
Quelques fois, on peut voir des visages levés vers le ciel, des nez en l’air, observant ses habits de fêtes maintes fois regardés mais qui continuent à nous émerveiller.
La nuit tombe vite, le temps devient capricieux nous offrant parfois un paysage gelé, figé dans un habit blanc et froid. On pourrait presque croire que la nature cherche à passer de l’été à l’hiver sans vouloir faire de transition !

Mon appartement garde son ambiance chaleureuse et rien n’est plus agréable que de traverser pieds nus le salon, une tasse de café bien chaud entre les mains et de regarder les flocons virevolter au milieu des fourmis qui grouillent devant mon immeuble. Parfois, une lumière bleue ou rouge intermittente passant à toute allure dans la rue vient troubler la quiétude de ce moment et nous ramène comme un semblant de vie. C’est une période assez étrange qui touche chacun d’entre nous, certains l’aiment, d’autres non. La majeure partie de gens font une dépression à l’approche de l’hiver mais pour quelques uns, rien ne parait les toucher. J’aime à penser que je rentre dans cette catégorie minoritaire de personnes.

Pour le moment, je reste emmitouflée dans un vieux survêtement moelleux, les sonorités douces et graves de la musique viennent se glisser dans mes oreilles. C’est cela que j’appelle un moment privilégié, particulier. Je suis dans un environnement chaleureux, comme dans un cocon, protégée par la vitre de la baie vitrée, rien ne vient perturber ma tranquillité pendant que les fourmis s’activent dans le vent et le froid. Un instant où l’on s’occupe de soi dans la plus bienheureuse des attitudes égoïstes bonne pour la santé. Aucune activité, aucun travail … juste du calme, un calme reposant, ressourçant.

Tiens, quelques flocons de neige refont leur apparition !

Quelle transition étrange entre les flocons qui tombent deci-delà, éparses et solitaires d’un ciel gris et la masse grouillante et sombre dans la rue. Le sombre l’emporte sur le clair pour le moment mais viendra le temps où le clair lumineux de la neige recouvrira ce sombre, donnant une illusion de paix dans la rue, l’impression que la ville s’est endormie pour quelques instants en même temps que la nature. Mais seulement pour un temps.

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